Editorial : Les mots, l’antidote des maux

   Editorial : Les mots, l’antidote des maux

Les mots ont une force et un pouvoir thérapeutiques. Il faut oser les employer de manière appropriée, bien à propos pour nommer les maux.             

Dans la dénonciation, l’euphémisme est un style trop policé, trop civilisé. C’est un registre destiné aux têtes bien faites, aux aristocrates de l’esprit. En revanche, le plus souvent, cette figure de style exprime la lâcheté, une volonté d’atténuer une idée ou une pratique déplaisante dans le dessein d’en cacher  le caractère affreux et épouvantable.

 Les lois, si elles sont appliquées avec rigueur et vigueur peuvent s’avérer être  efficaces pour combattre les fléaux de notre époque dont le terreau est la société : terrorisme et extrémisme, corruption et népotisme, adultère et viol,  esclavage, féodalité et  racisme etc.

Les trois derniers de la liste, que je nomme « la peste des âmes » ont une carapace et se nourrissent de complicité à plusieurs échelles dont la rhétorique se fonde sur le négationnisme.

La religion semble être faible face à ces tentations sataniques, ces pratiques abominables et abjectes devenues banales comme la mort. La religion, elle est infatigablement prêchée et enseignée partout,  mais l’humain reste sourd à la parole salvatrice. Il n’y a pas plus sourd qu’un dogmatique, qu’un fanatique, celui qui prend « ses songes pour des  réalités, et ses imaginations pour des prophéties », disait Voltaire.

Attenter à la vie d’un homme, ôter la vie à l’humain ne gêne plus personne, la fraternité humaine n’est qu’un rêve. Une illusion ! Partout, la haine s’installe dans les esprits et les cœurs rendant l’espèce humaine plus cruelle, cruelle avec elle-même et avec tout ce qui l’entoure, même  l’environnement prend un coup dur de cette violence aveugle pour «  l’hégémonie et l’honneur », même au prix de la division, de la scission, et même de sa propre disparition.   

Haro sur toutes ces calamités, malédictions : l’esclavage en l’occurrence, même lorsqu’il est subtilement et insidieusement moulé dans la tradition. On s’est rendu compte que cette abomination sociale et communautaire redoute d’être nommée, « affichée », placardée, mise à nue et sans détour, comme un vulgaire montré du doigt.

 Même criminalisé, l’esclavage fait de la résistance,  ailleurs et plus encore chez nous où il se meut en us et coutumes, en valeurs sociales, en traditions, en empruntant cruellement un visage humain, séduisant de l’extérieur, par ce que sous couvert de la solidarité et de l’entraide sociales, mais   corrosif et vénéneux à l’intérieur.

Une autre société est possible, plus égalitaire pour tout le monde, fraternelle et distributive. Mais cela suppose des actes allant dans le sens, de la reconnaissance du mal, du regret, du pardon,  de la repentance et le renoncement à toutes références et à tous esprits suprématistes.

Seyré SIDIBE

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