Belsunce, un quartier marseillais chaud mais chaleureux

Belsunce, un quartier de Marseille non loin du vieux port. Il n’est pas tout à fait populaire. Mais à quelques différences près, il présente des similitudes évidentes avec les quartiers du Nord de la ville dont la réputation est sulfureuse.

Samir, un prénom d’emprunt originaire de Tunisie, tient un restaurant dans la rue Colbert  « Ici, dit-il, c’est un quartier assez représentatif de Marseille. Vous y trouverez toutes les origines : des Africains, des Maghrébins, des Asiatiques etc. Chacun s’y retrouve et on a l’impression d’être chez soi. » Le quartier Belsunce du premier arrondissement de Marseille est effectivement un véritable melting-pot. Des communautés cosmopolites venues des quatre coins du monde y vivent plutôt en bonne intelligence.
Seulement, à côté de cette diversité culturelle, le quartier est loin d’être tranquille. Sa position géographique contribue assurément à cette effervescence : il est situé entre les lignes 1 et 2 du métro, les stations Colbert et Jules Guesde.
Il est également desservi par plusieurs bus parmi lesquels le 89, le 31, le 32 ou encore le 70. Plusieurs HLM ainsi que la faculté d’économie de Marseille font également partie de ce décor.

Dans ce quartier dès qu’on met le nez dehors, on ressent quelque chose de bizarre. Des jeunes visiblement désœuvrés vivent de nuit comme de jour dans la rue. On a l’impression qu’ils ne la quittent jamais.

La police est omniprésente. Les bruits de sirènes appartiennent aussi à cet environnement qui en rappelle d’autres. Il n’est pas rare de rencontrer des jeunes gens en état d’ébriété et qui vous dévisagent au premier coin de rue.

Alexandre, gérant d’un hôtel de la place, témoigne : « C’est un quartier un peu particulier, mais il est loin d’être le plus chaud de Marseille. Il y a quelques années, il était soumis à une intense activité de trafic de drogue, toute une économie souterraine, au point de devenir invivable. La faculté d’économie juste à côté avait même menacé de déménager. Depuis, la police reste à demeure et le trafic a drastiquement diminué. Ça fait sept ans que je travaille ici  et je suis habitué à ces scènes qui ne me choquent plus ».

Selon Julien Vinzent, journaliste à Marseille, « le quartier Belsunce a connu une forte dynamique de trafics en tout genre : drogue, stupéfiants et contrebande de cigarettes. Le quartier est particulièrement grouillant à cause de ces trafics, à tel point que l’administration du centre psychiatrique sur place a menacé de partir ailleurs si rien n’était fait pour assainir l’environnement ».

Pour un visiteur étranger africain, l’atmosphère du quartier Belsunce est répulsive. Elle contraste fort avec l’image sécuritaire qu’il a de la France avant d’y poser ses valises.

Seyré SIDIBE

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